Le latin en 5e? un choix réfléchi...

Publié le par C.S.

Avete!

En cette fin de 2e trimestre, les 6e s'interrogent sur le choix de l'option latin qui leur est proposée. "Faut-il cocher la petite case? A quoi le latin va-t-il bien pouvoir me servir? Cela ne me donnera-t-il pas trop de travail?"

Le choix du latin doit être un choix réfléchi. Son utilité n'étant pas toujours perceptible, des réticences apparaissent parfois. Deux heures de cours supplémentaires en 5e, trois heures en 4e et 3e, cela en vaut-il la peine?

La réponse est bien évidemment affirmative. L'étude d'une langue ancienne doit être perçue comme un apport culturel important:
- d'un point de vue linguistique et orthographique d'abord. Les élèves déplorent souvent les difficultés de la langue française, son orthographe leur paraît difficile. Pourquoi, par exemple, les mots "puits", "temps", "vingt" s'écrivent-ils ainsi? La réponse est étymologique!  "Puteus, "tempus" et "viginti" ! L'acquisition de mots dérivés du latin permet d'accroître son vocabulaire, de l'enrichir, de le réemployer dans des productions écrites d'une pauvreté de langage souvent effroyable...
- du point de vue littéraire ensuite: un(e) latiniste se sentira immédiatement plus à l'aise quand, parvenu(e) au lycée, il (ou elle) étudiera un texte de Montaigne, de Du Bellay, de Ronsard ou de Racine. Le vocabulaire utilisé, les références à l'Antiquité ne le rebuteront pas. Il en percevra plus facilement la richesse et la beauté.
- du point de vue historique également: le niveau 5e est plutôt orienté vers les origines de Rome, ses débuts; les 4e étudient les fondements de la République et les 3e abordent l'Empire et son cortège d'empereurs parfois "étranges"...
- du point de vue artistique enfin. Etudier le Latin  c'est aussi aller à la rencontre des plus belles toiles de Poussin et de David, des oeuvres musicales de Purcell, de Berlioz ou de Haëndel, c'est se constituer une solide culture générale.

Comme n'importe quelle discipline, le latin demande un travail sérieux et régulier. Il exige de la rigueur, développe la logique. L'apprentissage du vocabulaire, des déclinaisons et des conjugaisons permet de comprendre et de traduire un texte latin, d'en extraire, comme disait Rabelais, "la substantifique moëlle". Mais ce travail ne prend pas des heures! Il demande juste à être effectué régulièrement et les résultats d'une grande majorité des latinistes d'Ingrandes sont d'ailleurs tout à fait honorables. Ils peuvent y apporter leur témoignage ici même. C'est la raison pour laquelle je leur demande un engagement ferme pour les trois années.

Bonne réflexion!

Valete!

 

Publié dans Elèves 2013-2014

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agendicum 27/03/2012 05:43

Je souscris complètement à ces idées. Je suis obligé de dire à 62 ans que je regrette d'avoir arrêté le latin au lycée. A l'époque j'étais très fort dans les matières scientifiques. On m'avait fait
clairement comprendre que je devais arrêter le latin pour me consacrer aux matières où j'étais le plus fort.
Je considère que c'est une erreur colossale de conseiller les enfants de la sorte. Avec ce genre de raisonnement, on est en train de tuer l'enseignement des langues antiques.
Donc je soutiens votre initiative.
Bien sincèrement

C.S. 28/03/2012 10:18



Effectivement!
Merci de votre soutien